La troisième journée d'études du réseau se déroulera les 19 et 20 novembre 2026 auprès de l'Université de Fribourg (CH).
Écrire, gouverner : la littérature face au pouvoir, XVIe-XXIe siècles
La littérature joue depuis toujours un rôle déterminant dans les façons de penser l’exercice du pouvoir. Nombreuses sont les œuvres qui imaginent et problématisent les formes politiques des gouvernements et de leurs dérives, autoritaires ou totalitaires. Nombreuses sont aussi les œuvres qui interrogent la place du langage (administratif, rhétorique, médiatique) dans les affaires et les institutions d’un État, que celui-ci repose sur un régime despotique ou démocratique. Ces deux journées d’étude du réseau SIFI, organisées les 19 et 20 novembre 2026 à l’Université de Fribourg, voudraient montrer que l’étude comparée des littératures francophones et italophones apporte un éclairage particulier sur l’histoire culturelle du pouvoir politique et de ses représentations, notamment parce que les transferts culturels entre la France et l’Italie ont nourri l’histoire des idées politiques depuis Machiavel, au moins. Au cœur des crises que traversent depuis plusieurs années les régimes démocratiques européens, il s’agira d’examiner, à travers des cas échelonnés sur une chronologie étendue (du XVIe siècle jusqu’à l’époque contemporaine), les fonctions et les champs d’action de la littérature dans des contextes où l’art d’écrire se confronte ou s’articule à l’art de gouverner. Nous privilégierons cinq perspectives pour aborder ce sujet :
1. Les usages de la fiction dans les représentations du politique en France et en Italie, tous genres confondus (roman, nouvelle, utopie/dystopie, fable, théâtre, etc.) ;
2. La circulation transnationale de la littérature et des références littéraires dans la pensée politique (de Machiavel à Agamben, en passant par Montesquieu, Rousseau, Constant, Gramsci, et bien d’autres) ;
3. Les théorisations des « politiques de la littérature » (en synchronie ou en diachronie), notamment les approches critiques développées dans les champs français et italiens (marxismes, structuralisme et post-structuralisme, féminismes, pensées post-coloniales et décoloniales, etc.).
4. Les contextes et les formes de l’engagement des écrivain·es d’un côté et de l’autre des Alpes ;
5. Le rôle de la littérature dans les échanges diplomatiques et les prises de décision entre les États (par exemple le rôle des écrivains diplomates).